Formation des formateurs de l’ASAF – 28 et 29 juin 2025 | Nairobi, Kenya
Les 28 et 29 juin 2025, j’ai eu le privilège de coanimer, aux côtés de Mildred OMINO, une session de Formation des Formateurs (Training of Trainers) organisée par l’African Students and Alumni Forum (ASAF) au Novotel Hotel Westlands de Nairobi.
Pendant deux jours, des participants venus de différents pays africains se sont réunis pour réfléchir à une question essentielle : comment construire des espaces véritablement inclusifs dans nos organisations, nos communautés et nos pratiques professionnelles ?
Au-delà du partage d’outils et de méthodes pédagogiques, cette formation a été une invitation à remettre en question notre manière d’aborder la diversité et l’inclusion.
Repenser l’inclusion au-delà des obligations
La diversité et l’inclusion sont encore trop souvent perçues comme des exigences institutionnelles ou des concepts imposés par les politiques publiques et les partenaires de développement.
Pourtant, elles devraient avant tout être considérées comme une manière d’être, un réflexe quotidien et une responsabilité collective.
Au cours de cette formation, nous avons proposé aux participants un changement de perspective : et si les systèmes inclusifs que nous mettons aujourd’hui en place pour les autres devenaient, demain, ceux qui nous protégeront nous-mêmes ?
Car personne n’est à l’abri d’une situation de vulnérabilité au cours de sa vie. Construire une société inclusive, c’est finalement construire un environnement dans lequel chacun pourra trouver sa place, quelles que soient les circonstances.
L’inclusion se construit ensemble
En m’appuyant sur mon expérience d’ancien membre du Conseil d’administration de l’ASAF, j’ai souhaité partager une conviction forte : l’inclusion ne s’enseigne pas uniquement, elle se construit collectivement.
Une formation réellement inclusive ne repose pas seulement sur des supports pédagogiques ou des techniques d’animation. Elle prend tout son sens lorsqu’elle s’appuie sur les expériences vécues des participants, sur leurs réalités locales et sur un dialogue permanent.
Dans un continent aussi riche et diversifié que l’Afrique, il n’existe pas de solution universelle. Les outils, les approches et les méthodes doivent être adaptés aux contextes culturels, sociaux et institutionnels propres à chaque communauté.
Les mots ont un pouvoir
Les échanges ont également mis en évidence un défi majeur : parler de diversité et d’inclusion en Afrique demande de la nuance.
Selon les contextes, certains termes peuvent être interprétés différemment, susciter des incompréhensions ou, parfois, renforcer involontairement les divisions que nous cherchons précisément à réduire.
C’est pourquoi nous avons insisté sur plusieurs principes fondamentaux :
- utiliser un langage respectueux et accessible ;
- adapter les outils pédagogiques aux réalités locales ;
- choisir une terminologie qui favorise le dialogue plutôt que la polarisation ;
- garder l’inclusion comme objectif central de toute démarche.
Voir au-delà de ce qui est visible
J’ai volontairement évité de limiter la diversité à une liste de catégories prédéfinies.
La diversité ne se résume pas au genre, au handicap, à la langue ou à l’origine. Elle englobe également des réalités souvent invisibles : les parcours de vie, les expériences personnelles, les croyances, les vulnérabilités, les compétences ou encore les aspirations de chacun.
Le véritable défi consiste donc moins à identifier les différences qu’à se poser une question essentielle :
Comment faire en sorte que chaque personne se sente réellement incluse, ici et maintenant ?
Chaque individu possède des besoins spécifiques, et créer un environnement inclusif implique de reconnaître cette diversité tout en offrant à chacun les moyens de participer pleinement.
Une conviction renforcée
Cette formation a conforté une conviction qui guide mon engagement depuis plusieurs années : l’inclusion n’est ni un privilège ni une option. Elle constitue une nécessité structurelle, une valeur profondément humaine et un levier indispensable pour renforcer la résilience de nos organisations et de nos sociétés.
Je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des participants pour la qualité des échanges, leur ouverture d’esprit et la richesse de leurs témoignages. Leur engagement a largement contribué au succès de cette formation.
Mes sincères remerciements vont également à Mildred OMINO, avec qui j’ai eu le plaisir de coanimer cette session. Son expertise, son énergie et son engagement ont largement enrichi cette expérience.
Parce que la diversité nous rassemble, mais que l’inclusion est un choix, continuons à construire ensemble des espaces où chacun peut apprendre, contribuer et s’épanouir.



