Retour sur ma participation au Erasmus+ Cluster & Contact-making Seminar de DakarLes 19 et 20 mai 2025, j’ai eu l’honneur d’intervenir en tant que paneliste lors du Erasmus+ Cluster & Contact-making Seminar, organisé à Dakar. Cette rencontre a réuni des représentants d’universités, des décideurs, des partenaires internationaux et des anciens bénéficiaires des programmes de mobilité de l’Union européenne afin de réfléchir au rôle des mobilités académiques dans le développement des compétences et l’avenir de la jeunesse africaine.
Cette invitation représentait une opportunité de partager mon parcours, mais surtout d’ouvrir une réflexion sur la manière dont les expériences internationales peuvent devenir de véritables moteurs de transformation pour les individus, les institutions et les territoires.

La mobilité : bien plus qu’un séjour académique
Au cours de mon intervention, j’ai partagé les enseignements tirés de mon parcours entre le Bénin, le Sénégal, l’Allemagne et le Rwanda, rendu possible grâce à plusieurs programmes internationaux soutenus par des partenaires européens.
Mon master, financé par l’Union européenne, ma thèse de doctorat avec une mobilité de recherche en Allemagne grâce au DAAD, ainsi que ma participation à une formation professionnelle au Rwanda dans le cadre du Orange Knowledge Programme (OKP) financé par les Pays-Bas, m’ont permis d’acquérir bien plus que des compétences scientifiques en biotechnologie.
Ces expériences ont développé chez moi une ouverture interculturelle, une forte capacité d’adaptation, une meilleure compréhension des environnements internationaux et une aptitude à travailler au sein d’équipes multiculturelles.
La mobilité ne transforme pas uniquement les connaissances ; elle transforme également les personnes.
Les compétences invisibles qui façonnent les leaders de demain
Mon intervention s’est articulée autour de trois idées essentielles.
La première est que la mobilité constitue un véritable espace d’apprentissage global où se développent simultanément les compétences scientifiques, linguistiques, interculturelles et professionnelles.
La deuxième est que les acquis les plus précieux sont souvent les moins visibles. L’adaptabilité, l’esprit critique, l’intelligence relationnelle, la capacité à collaborer dans des contextes multiculturels ou encore la résilience sont aujourd’hui des compétences déterminantes pour évoluer dans un monde en constante mutation.
Enfin, j’ai souligné que les réseaux construits au cours des mobilités représentent un capital durable. Les relations développées avec d’autres étudiants, chercheurs, universités et institutions deviennent souvent les fondations de futures collaborations scientifiques, professionnelles ou entrepreneuriales.
Transformer les expériences individuelles en impact collectif
Au-delà des bénéfices personnels, une question fondamentale mérite d’être posée :
Comment faire en sorte que les compétences acquises grâce aux mobilités internationales bénéficient durablement aux institutions et aux communautés d’origine ?
En tant qu’ancien membre du Conseil d’administration de l’African Students and Alumni Forum (ASAF) et fondateur de la Youth Alliance for Agroecology and Climate (YAAC), je défends une conviction forte : le véritable succès d’un programme de mobilité ne se mesure pas uniquement au nombre de diplômés qu’il forme, mais à sa capacité à produire un effet multiplicateur au sein des territoires.
Pour y parvenir, plusieurs conditions apparaissent essentielles :
- créer des mécanismes permettant aux alumni de partager et transmettre les compétences acquises ;
- renforcer les partenariats entre les anciens bénéficiaires, les universités et les institutions nationales ;
- soutenir financièrement non seulement les mobilités elles-mêmes, mais également les initiatives de diffusion des connaissances, de mentorat et d’accompagnement des jeunes.
Construire des écosystèmes favorables au changement
Le retour dans son pays d’origine constitue souvent une étape aussi exigeante que le départ.
Les jeunes diplômés sont parfois confrontés à des environnements institutionnels fortement hiérarchisés où l’innovation peine à trouver sa place. Dans ces contextes, le changement ne peut reposer sur les efforts d’un individu isolé.
Il se construit grâce à des réseaux solides, des alliances stratégiques et des espaces permanents de dialogue, de coopération et de co-construction.
C’est précisément en renforçant ces dynamiques collectives que les compétences acquises à l’international peuvent devenir un véritable moteur de transformation pour les institutions et les sociétés africaines.
Investir dans les personnes pour transformer les territoires
Les programmes de mobilité internationale constituent aujourd’hui l’un des investissements les plus prometteurs pour le développement du continent.
Ils ne devraient pas seulement former des diplômés ou financer des séjours académiques. Ils devraient permettre de former des leaders, des innovateurs et des acteurs capables de transmettre leurs connaissances, d’inspirer leur entourage et de renforcer durablement les capacités de leurs communautés.
Parce qu’au final, la réussite d’une mobilité ne se mesure pas uniquement au diplôme obtenu, mais à l’impact qu’elle génère une fois de retour au service du développement de son pays.
